La Fédération algérienne de football a annoncé ce mardi 11 octobre que le sélectionneur serbe Milovan Rajevac, trois mois seulement après sa nomination, a démissionné de son poste.Deux matches et puis s’en va, c’est le bilan de Milovan Rajevac qui avait repris la sélection algérienne il y a trois mois après le départ de Christian Gourcuff.

 

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Une erreur de casting ?

Partir après seulement trois mois et deux matches officiels, c’est ce qu’on peut appeler une erreur de casting quant au choix d’un sélectionneur.

Milovan Rajevac paraissait sur le papier avoir toutes les caractéristiques pour réussir avec l’Algérie. L’entraîneur serbe avait une expérience importante en Afrique, surtout avec le Ghana, qu’il avait emmené en finale de la CAN 2010 et en quarts de finale de la Coupe du monde la même année. Un CV qui collait parfaitement avec une sélection qui souhaite se qualifier pour chaque grand rendez-vous.

L’aventure de Milovan Rajevac aura été marquée par une victoire 6-0 face au Lesotho à Blida pour le compte de la sixième et dernière journée des qualifications pour la Coupe d'Afrique des nations, et un match nul 1-1 face au Cameroun à Blida lors de la première journée des éliminatoires du Mondial-2018.

Les joueurs ont eu raison de l’entraîneur

Le consultant de Radio Foot Internationale, Nabil Djellit, explique la situation : « Rajevac correspondait au cahier des charges qui était attendu, avec une vraie expertise et une connaissance du terrain en Afrique, sauf que ça n’a absolument pas collé avec les joueurs.

On m’a fait comprendre que sur le dernier stage, les Fennecs avaient été extrêmement déçus de la qualité du travail de l’entraîneur et que c’était très faible par rapport aux standards qu’eux attendaient. Ils ont constaté qu’ils avaient fait beaucoup de travail de musculation, plus qu’une vraie mise en place tactique. »

Nabil Djellit a ajouté que tout s’est défini sur le match face au Cameroun : « Quand on regarde son coaching, il a été plutôt défaillant, et il n’y a pas eu de révolte tactique de sa part. Les remplacements ont été du poste pour poste. Les joueurs se sont réunis, ils se sont dit qu’ils ne voulaient pas rater la Coupe du monde et ils ont un peu pris le pouvoir. Le coach a dû comprendre qu’il a été lâché par ses joueurs ».

Milovan Rajevac a donc décidé ce mardi 11 octobre de présenter sa démission. En attendant la désignation d'un nouveau sélectionneur, les entraîneurs adjoints Nabil Neghiz et Yazid Mansouri mèneront la barque des Verts, selon la télévision publique algérienne.

Deux entraîneurs en deux ans

Lors de l'été 2014, la sélection algérienne participe au Mondial au Brésil, où elle se hisse jusqu'aux huitièmes de finale, sous les ordres de Vahid Halilhodžić. Toutefois à la fin de la compétition, le Bosnien annonce son départ. Il reprochera entre autres à la presse algérienne de lui avoir totalement manqué de respect. La Fédération et même le Président algérien Abdelaziz Bouteflika souhaitaient le conserver.

Son successeur Christian Gourcuff aura quant à lui tenu presque deux années. Le technicien français a mené l’Algérie jusqu’aux quarts de finale de la CAN 2015 en Guinée équatoriale. Il a aussi qualifié les Fennecs pour la phase de groupes de la Coupe du monde 2018, sans oublier le bon parcours lors des éliminatoires pour la CAN 2017. Mais la pression de la presse locale, tout comme pour Vahid Halilhodžić, aura été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Les joueurs ont regretté son départ. Comme aujourd'hui, l’intérim avait été effectué par Nabil Neghiz.

L’Algérie en plein doute, devra se reprendre lors de la deuxième journée des éliminatoires face au Nigeria. Et trouver enfin la perle rare qui lui convient.(@rfi)